29 juin 1915

Publié le par Alain

Le 29 juin 1915

 

Ma chère Marguerite

 

En réponse à ta lettre du 25, je suis très heureux de vous savoir en bonne santé, moi ça va bien aussi. Je suis très content que tu aies eu la visite de Vinard (?). En effet c'était un très grand camarade, mais écoute c'est un monsieur de première classe, je pense bien qu'il n'a pas changé; il avait abandonné sa femme étant à Tours, et s'en est allé au Maroc. A ce moment-là il avait rendu sa femme malade, même c'est très étonnant qu'elle ne soit pas morte, certainement qu'il avait attraper des maladies vénériennes et qu'il lui avait passé cela. Il a fait toute espèce de choses, que je pourrais te raconter plus tard, je t'en avais déjà même parlé. A part cela, c'est un brave garçon, je veux dire un très bon camarade; si seulement je pouvais aller avec lui pour acheter le bétail pour le restant de la guerre, ça serait une chic         affaire, à un point de vue que je ne puis te dire. Sûrement qu'il va m'écrire, certainement qu'il doit connaître notre Capitaine : il était au Maroc, ce n'est pas un mauvais diable mais on ne sait sa façon de penser. Maintenant pour une permission je crois que ça serait difficile, mais si Vinard m'écrit je saurai quoi faire. Il va s'offrir un beau voyage.

Je suis très content que tu reçoives mes lettres. J'ai reçu en même temps que ta lettre le mandat de 10 francs : je te remercie. Je serais heureux de savoir le résultat du bœuf que tu as envoyé à Paris, j'attendrai avec impatience. Ma chère Margot je suis très pressé, je te causerai plus longuement une autre fois. Nous avons changé, on est à Ramecourt, à peu près dans les mêmes parages toujours, et dans un [….] pays, 120 habitants, et beaucoup de troupes. Ici on a besoin de rien, c'est commode, probablement que nous y serons pas longtemps.

Ma chère Margot, je termine donc en t'embrassant mille fois de tout mon cœur. Ton petit mari qui t'aime pour la vie.

E. Vallet

 

Embrasse bien fort les deux petites Suzanne et Henriette qui je pense grandissent à vue.

Embrasse tes parents et grand-mère Rousseau.

A demain le plaisir de te lire.

Au revoir et bonne santé.

Je voudrais avoir une réponse à la lettre que j'ai envoyée à Léon.

 

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