20 août 1915 bis

Publié le par Alain

Le 20 août 1915

 

Ma chère Margot,

 

Je profite d’un petit moment ce soir pour te donner de nos nouvelles qui sont très bonnes pour le moment et j’espère qu’il en soit de même pour vous tous. J’ai toujours la visite de M. Pipeau l’ancien clerc à M. Allard. Il est sergent téléphonique au 77 et ce matin il est venu du côté de l’abattoir tendre une ligne et nous avons causé dans l’appareil à une assez grande distance c’est merveilleux comme ça marche bien encore mieux que le téléphone civil, tu vois ça fait plaisir de rencontrer des camarades, hier soir nous avons mangé ensemble. Ce soir ayant fini plus de bonne heure nous irons écouter de la musique du 77 qui joue de 6 h à 7h. Ca fait un but de promenade et d’ évennuies ????

Je reçois tes lettres très régulièrement des moments deux à la fois mais que veux tu il ne faut pas se plaindre aujourd’hui 19 j’ai reçu une du 17 et l’autre du 18 qui me font grand plaisir et en même temps j’ai reçu ton colis annoncé contenant deux serviettes deux mouchoirs une boite de filet de harengs une boite de pastilles et une boite de Léthéné  j’en aurais pour longtemps car j’en avais acheté une boite enfin elle ne sera pas perdue car je trouve que ça me fait du bien, je te remercie donc mille fois de tout mon cœur. Maintenant pour de l’argent j’ai encore dix francs et j’achète un litre de vin rouge tous les jours car nous travaillons très dur et sommes heureux de casser la croûte et boire un coup de vin pendant notre travail. D’ici quelques jours si tu peux m’envoyer 20 francs  si ça ne te dérange pas tu le feras pour être couvert en cas de déplacement, le déplacement c’est parfois le plus coûteux, écoute tu feras comme tu pourras il ne faut pas que tu m’envoies de beurre ni de colis d’ici peu parce que nous avons à peu près tout ce qu’il nous faut  pour le moment. Nous sommes que tous les deux avec Vallière, les deux autres sont toujours à l’hôpital et il était comme moi il en avait rapporté sa charge ; Ma chère Margot je suis assez heureux pour la vache de Nitray, elle n’était pas conséquente et guère bien convenable. Je savais qu’elle ne passerait pas ces 400 ( ?) j’attendrai avec impatience le résultat de celle de la mère Ardion .Ma chère amie il nous faut maintenant tâcher de vivre comme cela et de s’écrire le plus souvent possible et nous donner moins d’ennui tous les deux de façon dans notre vie d’être plus heureux. Je suis content que tu reçoives mes lettres maintenant le jour que tu n’en recevras pas c’est que j’aurai pas eu le temps de t’écrire.

Ma chère amie il est 6 heures je m’en vais mander la soupe je m’en vais m’arrêter là et je tâcherai de finir ma lettre sur une autre que je ferai ce soir avant de me coucher. Je termine donc en t’embrassant 30 mille fois de tout mon cœur. Ton petit mari qui t’aime à la folie et pour la vie

Embrasse bien fort les deux petites pour moi et tes parents

 

E. Vallet

 

A demain ma chère amie le plaisir et le seul grand bonheur de te lire

Au revoir

Ton petit Edouard qui pense à toi jour et nuit et d’heure en heure

Au revoir

 

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Publié dans blogduboucher

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