27 octobre 1914
Poperinge le 27 octobre 1914
Ma chère Marguerite
Nous sommes en Belgique depuis ce matin, je te jure que c’est assez difficile de se faire comprendre mais les gens paraissent assez gentils mais il n’y a pas de vin dans les cafés ils ne vendent absolument que de la bière et du tabac alors le tabac n’est vraiment pas cher 50 cent la livre et beaucoup plus fin que celui de France et bien moins fort, tous les commerçants en vendent.
Nous sommes partis de ce matin à 5 ½ d’Azebrouck et aussitôt arrivés, nous nous sommes mis à tuer au bord de la route. Je te garantis qu’il y avait du populot à nous regarder, à ce moment est passé Pontoire, je ne sais pas si il est resté ici, il ne savait pas. Tu vois malgré la très grande distance qui nous sépare, je ne t’oublie pas, je t’écris tous les jours.
J’ai écrit à Hardion à Vallet à Benoit et à Boissé du May j’eécrirai aux Drux demain si c’est possible.
Ma chère Marguerite je termine en t’embrassant mille fois de tout mon cœur, ainsi que les enfants et tes parents à bientôt de tes nouvelles.
E. Vallet
Toujours à la même adresse