06 novembre 1914
Poperinge le 6 novembre 1914
Ma chère Marguerite
Ma chère Marguerite je te fais réponse à ta lettre du 29 reçue le 3 Novembre je vois maintenant avec plaisir que je reçois en partie toutes tes lettres, maintenant toi tu ne dois pas recevoir toutes les miennes je t’ai écrit ma dernière le 3 l’as-tu reçue.
Je viens de recevoir mon rasoir 2 bonnets de coton mais le colis par le chemin de fer je ne l’ai pas reçu encore.
Hier matin j’ai eu le plaisir de voir Robin. Ils sont ici aussi depuis si longtemps que je le cherchais. Il est venu nous voir au champ d’abattage et le soir nous avons mangé ensemble, j’ai levé un filet de bœuf en douce et nous avons fait des biftecks, chez le bistrot des pommes de terre frites et une bonne salade un bon café je t’affirme que nous avons bien mangé. Il était avec un de ses camarades, Lecomte se trouvait là, il est venu avec nous mais ce n’est pas que ça nous faisait plaisir mais il m’était impossible de faire autrement, il a le nez fourré partout, tu parles si Robin était heureux et moi aussi. Je vais écrire au chauffeur de Nitray mais je ne rappelle plus de son nom enfin ça ne fait rien je pense qu’il recevra tout de même.
J’ai été très heureux de vous savoir tous en bonne santé et d’apprendre que Suzanne est très gentille et qu’elle fait des (…) ce que le Papa Vincent doit être heureux de voir que sa petite Suzanne et sa petite Henriette sont si mignonnes.
« Petite Suzanne ton petit Papa qui t’embrasse bien fort et qui est très heureux d te savoir si mignonne ainsi que petite sœur Henriette. Embrasse bien fort et bien des fois Grand Père Vincent Grand Mère Vincent Grand Mère Rousseau et ta petite Maman et petite sœur Henriette de la part de ton petit Papa en attendant que je puisse le faire moi aussi.
Ma chère Marguerite j’ai bien reçu tes 4 lettres de la semaine dernière, et tes photos je les ai reçues comme nous étions à Juvigny. Voilà au moins 10 fois que je te le fais savoir, je me demande comment que ça se fait que tu ne reçoives pas mieux mes lettres que cela, moi qui t’écris presque tous les jours, tout au moins tous les deux jours. J’ai reçu hier une lettre d’Adolphine et une de chez nous, ils sont tous en bonne santé, ils ne me disent pas grand chose, ils ne m’ont rien envoyé et je ne veux rien leur demander je leur avais écris d’aller te voir de temps en temps, il me fait réponse qu’ils ont des pensionnaires et que ce n’est pas facile de s’en aller maman pour faire la cuisine et papa pour soigner les animaux, mais que veux tu que je fasse, rien, alors, puis Léon m’a dit qu’il resterait jusqu’à la fin de la guerre et bien le meilleur principe est de compter sur soi même et non sur les autres je sais que tu auras toujours beaucoup d’ennuis et de misère avec cet (…) de Léon, mais il te serait impossible d’en trouver un autre. Ce que je te recommande de tâcher toi aussi à bien faire attention à toi à ne pas tomber malade c’est le principal, il vaut mieux que tu laisses du travail à faire que de travailler à te rendre malade. Espérons bientôt que le bonheur nous ramènera ensemble.
Ma chère Marguerite je pense que le Papa Vincent fait toujours attention à lui qu’il suit toujours raisonnablement son régime et que bientôt j’aurai le plaisir de le retrouver complètement guéri, surtout qu’il ne fasse pas d’abus de travail car je sais très bien que si tu ne lui fait pas qu’il fera plus qu’il ne devrait et il ne le faut pas
Fin de la lettre