03 décembre 1915
Le 3 décembre 1915
Ma chère margot
Aujourd’hui très heureux d’avoir une lettre et de vous savoir en bonne santé. Moi ça va également. Je souffre toujours de la main mais je peux faire mon travail tout de même. Je n’ai pas encore eu le temps d’écrire à Henri, ni chez nous, que veux-tu, tant pis, le principal c’est de t’écrire à toi. Je vais pas leur écrire ce soir car je suis fatigué et je vais profiter aussitôt ta lettre faite de monter me coucher. Nous avons tué aujourd’hui 300 moutons ce matin et 31 bœufs ce soir en 15 bouchers c’est suffisamment assez de travail. Comme je t’ai dit Massacre a demandé à partir, je ne sais s’il partira ces jours. Certainement que le départ sera demain ou après. Maintenant certainement que je n’aurai pas de caoutchouc. Ce n’est pas si facile à trouver. S’il part je pense que je n’aurais rien à lui donner. Ma chère amie je ne vois pas grand-chose à te dire pour aujourd’hui. Ce sera pour demain soir. Il y aura peut-être quelque chose à te dire. Je t’apprendrai peut-être le départ du sieur Massacre.
Ton petit mari qui t’aime et qui t’embrasse bien fort et de tout son cœur
Embrasses bien les enfants et le papa la maman Vincent et grand-mère Rousseau
A demain le plaisir de te lire