07 décembre 1915
Le 7 décembre 1915
Ma chère Margot
En réponse à ta lettre du 2 et celle du 3, toujours très content de vous savoir en bonne santé. Quant à moi, ça va de mieux en mieux, alors, comme je t’ai dit hier, inutile de te tourmenter à ce sujet. Tu me dis qu’à Athée il fait des temps humides, ici c’est la même chose, il pleut tous les jours, c’est du très vilain temps mais malheureusement, il faut le prendre comme il vient. Comme tu dis c’était un bien fait que la vache à Brianne se trouve dans un moment sec, elle était beaucoup plus facile à envoyer que par temps humide. La viande qui n’a pas de qualité par ces temps devient bien vilaine. Tu me demandes si j’ai encore des provisions, j’ai encore un petit pot de rillettes que j’ai entamé hier et un petit pot de beurre. Tu m’en enverras quand tu voudras, pour de l’argent, si tu peux le faire, tu feras comme par le passé, j’en ai encore mais si possible, j’aime autant avoir un peu d’avance. Monsieur Massacre part cette nuit à 2h38, il arrivera certainement mercredi comme moi à 3h37 à St Martin le beau. Je lui ai donné le porte-monnaie que je t’ai parlé hier et ma musette que tu garderas et mon bidon à remplir de gnole. Si c’est possible, si tu veux lui donner un colis tu verras. Maintenant ne lui donnes pas de linge, nous avons touché aujourd’hui un tricot merveilleux, certainement qu’il faudrait au mois mettre 19f pour avoir le même. Ce tricot est doublé d’une flanelle, c’est même dommage de mettre cela. Je le mettrais quand il fera plus froid.
Pour écrire à la Préfecture, tu verras après que tu auras touché tes bons ce qu’il va se passer et tu pourrais en profiter pour en parler. Je m’aperçois que cette petite Henriette est toujours polissonne mais il vaut mieux la voir comme cela que malade c’est plus avantageux et les tourments sont moins grands, naturellement que c’est un grand tourment pour toi, ces deux petites et ton commerce.
Le fils (D)Ouquene est mort, c’est bien malheureux mais il m’a été impossible d’aller le voir. Nous travaillons en ce moment le matin et soir. Tu enverras mes regrets à sa famille. Je suis content d’apprendre un bon résultat du veau à Pierre.
Pour du cochon, il faudrait que tu en aurait un à tuer toutes les semaines et tu le vendrais bien et avec beaucoup plus de bénéfice. Mais voilà, c’est toujours ce qu’il compte qui manque, c’est très embêtant. Si Léon a acheté une vache à Cigogné pour 460 et qu’elle soit plus grosse que celle à Delétang, il aurait fait un bon travail chez les gens c’est de très bon soigneur espérons que (…) réalisera. Celle de Delétang ne pèsera que (…) mais que veux-tu, il ne m’est guère facile en si peu de temps de faire mieux.
Ma chère petite amie, je termine en attendant demain le plaisir de te lire, ton petit mari qui t’embrasse mille fois de tout son cœur ainsi que les enfants et qui t’aime pour la vie.
E. Vallet
Embrasses bien tes parents. Tu vois que je te cause longuement. Tu dois maintenant recevoir tous les jours.
Encore mille bons baisers.