03 janvier 1916

Publié le par Alain

Lundi 3 janvier 1916

 

Ma chère petite Margot

 

En réponse à ta lettre du 30, toujours très content et heureux de vous savoir tous en parfaite santé, moi ça va plutôt un peu mieux, je prends du lait tous les soirs, qui me fait du bien. Je te répète, ne te tourmente pas, ça ne sera rien. Ma chère Margot, je me demande pourquoi tu t'ennuies comme cela, tu me dis que c'est peut-être parce que les Postes marchent pas régulièrement, mais ça ne durera pas longtemps, c'est le surpoids de correspondance envoyé pour la nouvelle année. Ca ne va pas durer plus de trois ou quatre jours

Il nous faut du courage jusqu'au bout. Je crois que nous n'en aurons pas pour longtemps maintenant. Ne te fais pas des idées noires comme tu le fais en ce moment, et je crois que tu auras bientôt fini d'endurer les souffrances de ce fameux Léon. Pour la vache à la mère Gérad (?), il ne faudrait pas la payer plus de 225f, c'est à peu près son prix, car elle pèsera guère avec 200 ½, elle est tout petite ; enfin, vois. Probablement que Touchet( Fouchet ?) en vendra pas avant que je retourne.

Je pense que ma lettre te trouvera en parfaite santé, ainsi que les deux petites Suzanne et Henriette. En attendant le plaisir de te lire et de te répondre demain, je termine en t'embrassant mille fois de tout mon cœur.

Ton petit mari qui t'aime pour la vie.

E. Vallet

 

Embrasse bien fort petite Suzanne et Henriette, et le papa la maman Vincent, et grand-mère Rousseau.

Au revoir et surtout pas d'ennuis inutiles.

Tu dois recevoir tous les jours, car tous les soirs je t'écris ; j'ai manqué qu'une fois, car j’étais trop fatigué.

Encore mille bons baisers.

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