07 février 1916
Lundi 7 février 1916
Ma chère Marguerite
Je te fais réponse à tes deux lettres du 11. Excuses moi si je ne t’ai pas écrit hier il m’était plutôt impossible car nous avons fait un théâtre pas ici mais à proximité, nous étions 30 de chez nous qui y participions. J’ai été inscrit d’office pour aller chanter nous faisions un duo accompagné d’une musique militaire, moi je faisais une seconde partie de chant, nous avions au théâtre des premiers artistes de Paris. Il y avait une foule énorme d’officiers et généraux, alors avant-hier après le travail, il nous a fallu répéter ensemble, donc nous nous sommes couchés à minuit. Hier il était vers les 10h1/2 ça commençait à 2h après midi, j’étais plutôt fatigué et pas beaucoup de courage pour écrire à part cela la santé est très bonne mais arrive à grand pas l’heure de la piqûre. Demain mardi à 2h environ, mercredi beaucoup de chance pour que je sois malade mais j’espère ne pas être si malade que la première fois, car j’y est été ma part.
Parlons affaires, la vache à la mère Girad tu m’étonnes beaucoup j’étais loin de penser qu’elle aurait pesé ce poids là, car elle était rudement petite je pense que tu ne t’est pas trompée et que c’est toi-même qui l’a pesée, tout au moins as-tu vérifié les poids et si la bascule marchait bien car ça m’étonne beaucoup enfin si elle coûte que 0,8f ce n’est pas du mauvais travail. Elle n’était pas vieille, elle n’avait eu que deux veaux. Espérons que j’irais pour acheter celle de Toucher mais écoutes je ne sais pas quand. Je ne sais pas si le 3ème tour de permission aura lieu, le dernier départ pour les 2è sera dans huit jours après je crois qu’elles seront suspendues. Maintenant pour l’instant il ne faut compter sur rien, aussitôt que je serais fixé, je te le ferais savoir. Je t’enverrai un colis ces jours tu ne seras pas surprise en port dû car je crois que ça va plus vite. Je t’enverrai mes effets que je n’ai pas besoin. Je mange toujours avec mon [Cabot]. Aussitôt ton colis reçu je te le ferais savoir. J’ai reçu ton billet de 5 francs donc je te remercie beaucoup car j’en avais plutôt besoin, j’ai fait des achats que tu trouveras ton le colis, j’espère et je crois des achats utiles également un pour l’oncle Vincent aussitôt arrivé je te dirais ce qu’il y a à faire. J’espère que si Monsieur Pépeau est en permission qu’il ira te voir car c’est un très grand ami et très bon camarade.
Ma chère Margot en attendant demain le plaisir de te lire. Je termine en t’embrassant mille fois de tout mon cœur ainsi que les enfants.
Ton petit mari qui t’aime pour la vie
E. Vallet
Embrasses tes parents et grand-mère Rousseau
Je pense que ma lettre trouvera tout le monde en très bonne santé
Au revoir chère Margot et à demain
Encore mille bons baisers
J’oubliais de te dire qu’il y a un camarade qui couche avec moi. Madame Courquin l’avait pris sous toute réserve pendant mon absence si je revenais et que ça ne me plaisait pas qu’il se serait en aller mais il est très gentil et très propre, que j’aime autant qu’il reste à coucher avec moi.
Embrasses tout le monde pour moi.
Encore une fois bonsoir
Je monte me coucher