30 juin 1916

Publié le par Alain

Le 30 juin 1916 pour le 1er juillet

 

Ma chère Margot

 

En réponse à ta lettre du 27 toujours très heureux  de vous savoir en bonne santé moi ça va pour le moment. Sur ta lettre je vois que tu n’as pas reçu encore grand chose de moi, maintenant à l’arrivée de cette lettre tu auras reçu tous les jours, car je t’écris tous les jours sans faute. Alors maintenant tu devras recevoir  tous les jours. Pour les deux poses je tacherai de les avoir si j’avais pensé ça m’aurait été bien facile quand je suis allé en permission enfin ça sera pour plus tard ou si je peux quand Massacre partira. Notre capitaine est toujours avec nous je ne sais pas s’il  partira.

Tu me dis sur ta lettre que si je revenais que je ne reconnaîtrai pas ton jardin certainement que tu as dû te mettre à bêcher le jardin aussitôt mon départ écoute ce n’est pas ton travail c’est te faire avoir chaud et froid ensuite et attraper du mal. Alors malgré que le légume est cher il vaut mieux l’acheter que tu attrapes du mal qui te coûtera plus cher plus tard nous en viendrons à bout ce n’est pas le travail d’une femme comme toi de bêcher tu as assez à faire sans cela.

J’avais peut être bien oublier de te dire que j’avais retourné chez Martin à mon premier voyage il était parti faire signer sa permission alors je leur avais (dit) que je retournerai au soir pour lui donner le bonjour il me semblait te l’avoir dit. Je n’ai pas vu le sieur Léon ce qu’il est bête avec cette gosse pourtant je crois que plus elle va plus elle devient vilaine elle a le corps en double elle n’est vraiment pas gentille. Enfin c’est peut être un bonheur de notre côté qu’il soit si bête pour cette fille ça lui fait une attache. Quand penses tu ? comme tu dis ça vous semble long cependant voilà pas longtemps que je suis revenu mais je me figure que voilà 6 mois. J’ai certainement oublié d’aller voir Madame Germain mère ça me contrarie tu lui présenteras mes excuses que veux tu on ne pense pas à tout c’est bien vite passé. Ma chère Margot quand tu auras l’occasion de m’envoyer un colis tu me mettras du beurre de préférence et les fromages sont excellents aussi nous leur faisons honneur.

Je ne vois plus guère grand chose à te dire ton mati qui t’aime et t’embrasse mille fois de tout son cœur ainsi que les enfants. 

E.Vallet

A demain le plaisir de te lire

Encore mille bons baisers

Surtout ne continue pas ton jardin ça te coûterai plus cher si tu étais malade que ça te rapporterait après avoir bêché ensemencé ensuite arrosé tous les jours. C’est trop fatigant pour toi

J’espère que tu comprendras cela

Ton mari pour la vie

Encore mille bons baisers

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